Il est parti de zéro pour arriver au Zero!

Capture plein écran 28012014 143244.bmpLe dernier film animé de Hayao Miyazaki conte le parcours d’un créateur d’avions, concepteur du Mitsubishi A6M1 Type Zero, de l’enfance jusqu’à la quarantaine. Ce talentueux ingénieur, Jiro Horikoshi, puise son inspiration dans le Japon de l’entre-deux guerres.

Son histoire s’inscrit dans l’irrésistible progression des techniques aéronautiques des années trente. Dans un des précédents films de Miyazaki, Porco Rosso, le pilote était magnifié. Mais l’ingénieur(e) n’était pas loin, sauvant même le héros-pilote. Le Vent se lève est cette fois une épopée d’ingénieur. Les pilotes ont des allures d’automates, destinés bientôt à la guerre. Mais les mêmes thèmes soutiennent le récit : passion des avions, talent, volonté, sentiments. Et la crise des années trente qui éprouve les grandes âmes.

Capture plein écran 28012014 143537.bmpOn apprend beaucoup

Notamment la pauvreté et le retard du Japon d’avant-guerre, et ses difficultés à concevoir des moteurs à la hauteur de ses ambitions. Ce qui exacerbe la vertueuse traque de la traînée et du poids inutiles, et aboutit à la conception d’un chasseur léger de grande classe, le Zero.

On est bluffés par la visite des prestigieux hangars de Junkers.

Ou l’on voit que ce constructeur vaut plus que l’image véhiculée par la tôle ondulée du vénérable Ju-52. Les japonais sont déjà fascinés par la Deutsch Qualität !

On adore aussi l’immersion dans la conception et la fabrication des avions. Capture plein écran 28012014 144819.bmp

Myiazaki nous offre de véritables visites d’usine d’époque. Et les affres des campagnes d’essai en vol ne sont pas oubliées. L’accent est mis sur l’omniprésent calcul. Le travail en soufflerie n’apparaît pas. Un prototype est d’ailleurs victime d’un sacré flutter. Dans Porco Rosso, on avait déjà eu droit à la superbe et très documentée (re)construction en atelier d’un hydravion italien.

On est surpris par l’ironie de l’Histoire.

Capture plein écran 28012014 144109.bmpElle nous montre que l’allure du prototype et avion fétiche du concepteur du Zéro, est exactement la même que celle de son principal ennemi dans le Pacifique, le F4U Corsair, avec sa forme d’aile de mouette inversée autour d’un moteur en étoile. Etrange !

A travers les apparitions de l’avionneur Caproni et ses productions, ce film est aussi un hommage à l’aviation italienne, riche de très beaux modèles, injustement oubliés.

Ce dessin animé est un film beau et poignant, qui sort des sentiers battus, sans concession sur les travers du peuple japonais, mais évoquant bien ses grandes ressources et son raffinement. Miyazaki est un vrai passionné d’avions, et le prouve une ultime fois.

MyiazakiIl nous pousse à rouvrir nos livres de référence. Et espérer qu’un jour un aussi bon film soit fait sur un talentueux constructeur français de l’entre-deux guerres. On n’en manque pas !