Dans l’article « Déroutement de deux Boeing 737 à Limoges« , je précise la réserve de carburant minimale à embarquer.IMG_0542

Elle peut paraître large au premier abord, et on peut avoir l’habitude de partir avec le plein. Mais dans la vraie vie, des aléas arrivent, et quelques fois ils se combinent comme si le diable existait, sans même que l’on ait pour habitude de tirer celui-ci par la queue.

Ce peut être une carte d’essence qui ne marche soudainement pas, un jour où on n’a pas pris son portefeuille, alors que le vent contraire est plus fort que prévu. Cela aboutit à une arrivée avec une jauge d’essence dans le coma, des réserves évaporées et une tension palpable dans le cockpit… On n’en mène pas large, et on n’ose pas le dire au contrôleur.

Erreur! La réglementation vous y encourage :

Si vous êtes en situation de « minimum fuel », annoncez-le à la tour!

Pour éviter d’évoluer vers une détresse (Mayday fuel), il est préférable d’annoncer la situation au contrôleur.
C’est dans ce sens qu’a été créée l’expression « minimum fuel » par l’OACI le 15 novembre 2012. Tous les détails ICI.

Résumé :

Quand un pilote annonce « minimum fuel », toute modification de l’autorisation en vigueur risque d’avoir pour effet que, à l’atterrissage, la quantité de carburant utilisable soit inférieure à la réserve finale.
L’expression n’indique pas qu’il y a situation de détresse ou d’urgence mais qu’une telle situation est possible s’il se produit un délai. Lorsque le pilote fait usage de cette expression, il ne bénéficie néanmoins pas d’une priorité sur le reste du trafic.