Vous avez craqué : vous ne concevez plus d’être pilote sans avoir un iPad… (Mise à jour février 2015)

Aux USA, plus de la 1/2 des pilotes ont franchi le pas. Dans les aéro-club français, c’est une vraie traînée de poudre.

Ce succès est dû avant tout à l’extrême polyvalence du produit : pour un prix bien moindre que la plupart des GPS portables, vous avez un GPS à grande carte, et tout un ensemble d’applications très utiles, en sus de l’utilisation de la tablette à la maison. Mais gare aux désillusions pour qui n’a pas réfléchi un tant soit peu à l’adaptation de l’outil aux contraintes très spécifiques du pilotage.

Voici quelques conseils pour un choix et une utilisation optimales :

 

 

  1. 1 – iPad ou tablette sous Androïd ?

 

Pourquoi dépenser 369€ (prix de l’iPad mini Wi-Fi+Cellular équipé GPS), alors que la tablette de Google Nexus 9  coûtant 399€ semble plus puissante?
Tout simplement pour les mêmes raisons qui président au succès des produits à la pomme : l’intelligence de la conception, l’optimisation et l’homogénéïté du produit, et surtout la qualité et la stabilité des applications disponibles. C’est particulièrement vrai dans le monde de l’aviation, qui privilégie qualité, simplicité et robustesse.
Les applications phares sont essentiellement développées pour l‘IOS d’Apple et ses tablettes, et ensuite adaptées (plus ou moins bien) pour Androïd plus tard, et encore moins bien pour les tablettes Androïd.
Et il est significatif qu’aujourd’hui, l’iPad est la seule et unique tablette approuvée par la FAA pour remplacer le manuel de vol des avions de ligne, que les pilotes d’American Airlines utilisent en vol. Jeppesen a même fait des tests de décompressionamericanairlines
Donc, pour un budget similaire, l’iPad s’impose.
Si vous optez pour une tablette sans puce GPS, comme la Kindle FireHD7, et les iPad non Cellular (seulement Wi-Fi), il faudra acquérir un module GPS complémentaire (compter 100€).
Enfin, il n’est pas nécessaire d’avoir la dernière version : un iPad 2 d’occasion suffira à faire tourner Air navigation Pro, compatible iOS 7.0 ; ou Mach7, compatibe iOS 6.0. Voir cet article.
Mise à jour Octobre 2013 : Retour d’expérience d’utilisateurs proches : iPad mini : parfait en lisibilité et fluidité, Airnavpro fonctionne bien. Par contre, Nexus 7 (version 2012) : lisibilité décevante, mauvais fonctionnement du GPS et d’Airnavpro.
Autre alternative : l’iPhone 6 plus
Avec son grand écran 5,5″, le dernier iPhone peut jouer les petites tablettes. C’est tout l’intérêt de cet appareil qui tend à remplacer l’usage de l’iPad, en y rajoutant l’intérêt de la connexion internet pour récupérer des infos météo en vol. On arrive maintenant à capter la 4G ou la 3G jusqu’à 3000 ft/sol. Néanmoins, pour des raisons d’autonomie, redondance et lisibilité, avoir une tablette reste préférable.
  1. 2 – iPad 10″ ou iPad mini ?

 

Les cockpits sont des endroits où l’espace est compté. D’où l’intérêt d’un instrument qui regroupe plusieurs documents… comme IMG_0051l’iPad : Le log de nav, la carte OACI, la carte SIA, les cartes VAC, les cartes météo, et les notam… « Sur le papier », ça tient, c’est réalisable. D’autant mieux que la tablette est grande, comme une 10″. Dans les faits, c’est compliqué, car jongler d’un écran à l’autre peut devenir hasardeux, et le pilote est attaché à la redondance des équipements pour faire face aux pannes éventuelles, et conserve quand même ses cartes papier en vol.
Du coup, le format 10″ des iPad  2, 3 et 4 n’est pas si utile que ça, et s’avère même plutôt encombrant. Surtout dans les cockpits équipés d’un manche à balai central, comme dans les Robin. Avec un volant qui tombe sur les genoux type Piper, c’est guère mieux.
Là, le format iPad mini (7,9″ quand même) s’avère idéal. La résolution de 1 024 x 768 pixels du mini (inférieure au dernier modèles  mini2) est très largement suffisante. Et à encombrement égal, l’iPad mini offre un écran plus grand de 35% par rapport aux tablettes 7″.
  1. 3 – Comment améliorer la lisibilité de l’écran de l’iPad

 

Ce qui frappe le plus au départ, c’est à quel point l’écran devient un vrai miroir dès lors que le soleil inonde le cockpit. Surtout avec la tablette en position horizontale. Assez fâcheux, d’autant que le pilote porte presque toujours des lunettes de soleil, ce qui n’arrange pas les choses. 
C’est sans doute l’une des principaux éceuils à l’utilisation d’une tablette en avion, sauf à voler par temps couvert.
On peut y remédier en appliquant un filtre antireflet à sa chère ardoise. On en trouve facilement.
il faudra quand même régler la luminosité au maximum, et préférer une tablette à fort contraste.
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  1. 4 – La meilleur fixation d’un iPad dans le cockpit

 

L’idéal, c’est d’avoir la tablette à la verticale devant soi. De manière à poursuivre la surveillance extérieure plus rapidement après consultation ou manipulation de la tablette. Les tous derniers avions et ULM ont prévu un emplacement au tableau de bord, mais sur un avion vieux de plus de 2 ans, il n’y a guère de place que sur la cuisse, celle où on n’a pas fixé la planchette de vol… 
Avec l’iPad mini, petit et léger,  tout change : on peut envisager de le fixer au pare-brise via ventouse, au volant central, ou au tableau de bord. Attention toutefois aux vibrations du moteur qui risquent de rendre l’écran illisible. Et attention de ne pas masquer un instrument de contrôle de vol ou moteur. Et de l’éloigner suffisamment du compas magnétique.
Pour la fixation sur la cuisse d’une tablette 10″, dans un cockpit à manche central, évitez absolument un support plus large que la tablette. Préférez la sangle avec 2 crochets, beaucoup moins encombrante, et permettant une meilleur dissipation de la chaleur. Les planchettes avec rabat pour le log de nav sont séduisantes mais peu pratiques à l’usage, même avec les avions à volant. Là encore, le format IPad mini fait apparaître des produits plus pratiques.
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  1. 5 – Les meilleurs applications pour naviguer avec un iPad ou un iPhone

 

En vol, la tablette servira soit de porte-document (cartes d’aérodrome, cartes météo, notam) soit de super-GPS.
Pour qu’elle serve aux deux, mieux vaut avoir une application qui peut tout afficher, pour éviter de devoir fermer une app avant d’ouvrir l’autre.
Une partie des pilotes n’utilise pas l’iPad comme GPS, s’en remettant à leur préparation papier doublée du GPS fixe de l’avion pour naviguer. Dans ce cas, la tablette ne sert qu’à préparer la nav, et de recueil de cartes VAC, météo et Notam.
Pour transformer l’iPad en super-GPS, il vous faudra l’une de ces applications :
F-AERO Cavok HD permet  de suivre son vol sur la carte. Son prix est modéré. (6,99€)
Mach 7 fait pareil, avec une partie préparation du vol très aboutie. Assez chère (59€ avec la carte IGN OACI, 89€ avec en + la Cartabossy), cette application très prometteuse pourrait détrôner le leader :
Air Navigation Pro, la plus ancienne et la plus populaire, permet elle aussi d’afficher une carte défilante, les points d’entrée VFR, d’intégrer les cartes IGN, SIA et VAC, de créer très facilement des routes, d’enregistrer votre vol, d’afficher un EFIS, etc…Il vous en coûtera 49,99€ + 28€ la carte IGN de la France entière. C’est cher, mais vous ne regretterez pas cet investissement.

  1. 6 – Les meilleurs applications pour préparer le vol

 

Au sol, le pilote a besoin d’une carte OACI du trajet, des cartes d’aérodrome, d’informations météo, des notam, d’un devis de masse et centrage, d’un devis carburant, d’un log de nav et éventuellement d’un plan de vol. La liste des terrains dotés d’un resto est un plus, de même que la liste des terrains pourvus d’une station d’essence compatible avec la carte du pétrolier du club. 
Mach 7 est un modèle de préparation de vol : accès très simple à toutes les infos météo, notam et cartes VAC. Etablissement d’un log de nav personnalisé, et devis de masse et centrage, et carburant.
F-AERO CAVOK HD intègre notamment une liste de restaurants sur aérodromes.
Air Navigation Pro est le programme le plus abouti, et d’une fluidité hors pair. Mais il le fait payer cher.
AeroWeatherPro et WeatherProHD vous offriront les observations et prévis de tous les terrains, ainsi que les cartes radar.
Metmap d’Orbifly offre une excellente vue synthétique de la situation météo sur les aérodromes.
  1. 7 – Comment optimiser la localisation de l’iPad ou iPhone

 

Les iPad Wi-Fi + Cellular possèdent un GPS intégré très performant. 
Mais il n’est pas nécessaire d’avoir une carte SIM et un abonnement 3 ou 4G pour que le positionnement GPS fonctionne. Lisez cet article!
Par contre, il est recommandé de désactiver la fonction Wi-Fi et 3G/4G pour que l’appareil exploite exclusivement son GPS pour se positionner avec précision, et ne risque pas de faire des erreurs en recherchant sur le réseau des infos complémentaires de triangulation, et ne consomme inutilement sa batterie. Sauf bien sur si vous avez opté pour un forfait internet et que vous vouliez en profiter pour récupérer des infos météo notament (possible jusqu’à 3000 ft/sol, de façon discontinue). Mais attention à ne pas perturber vos instruments de nav et brouiller votre radio.
Sur un iPad Wi-Fi, dépourvu de GPS, il faudra connecter un module complémentaire (100€), par liaison bluetouth. Le  récepteur possède sa propre batterie. Ce modèle permet plusieurs connexions en même temps, et peut rester autonome.
  1. 8 – Comment optimiser l’autonomie de l’iPad

 

Avant tout, rechargez toujours au maximum votre tablette avant de l’embarquer en vol…a68ac7c29957488be78ba33950a0fcca_h
Ensuite, déconnectez les fonctions Wi-Fi et 3/4G en activant le mode Avion. Réduisez la luminosité au maximum s’ il n’y a pas trop de soleil. Vérifiez aussi que votre iPad intègre bien la dernière version d’iOS.
Si l’autonomie de près de 10h théorique ne vous suffit pas (souvent moins car les applications de cartographie GPS sont gourmandes en calcul) , il vous reste l’achat d’une batterie supplémentaire, ou la connexion à la prise allume-cigare de l’avion, si équipé. Attention avec les iPad à écran Rétina, la charge (de 10W) ne compense pas forcément la décharge, si la tablette est très sollicitée. Attention aussi aux connecteurs allume-cigare/USB qui peuvent engendrer des problèmes radio importants si l’installation ne possède pas de filtre. (type prise rajoutée sur un vieil avion)
  1. 9 – Les attitudes à éviter avec un iPad

 

Penser que l’iPad peut pallier un manque d’expérience.
Comme toute nouvelle technologie, l’iPad pose des problèmes d’ergonomie et d’intégration dans la boucle de pilotage. Il peut engendrer une surcharge de travail, désorganiser celui-ci, réduire la vigilance extérieure, donc compliquer la tâche du pilote.
Il est prudent de considérer l’iPad comme une aide supplémentaire, que l’on va rajouter à ce que l’on sait déjà faire.
Penser que l’iPad peut remplacer le travail de fond traditionnel basé sur une bonne préparation et un suivi du vol classique.
En tant que super-GPS, l’iPad peut donner l’illusion de la facilité, travers dans lequel on se glisse rapidement. Et il peut de surcroît se transformer en piège en vous faisant voler dans des conditions météo marginales, que vous n’auriez pas risqué d’expérimenter sans iPad-GPS.
Capture plein écran 02022015 185544.bmp Le substrat de trajectoires VOR/ADF (pour l’IFR et le VFR) et de cheminements visuels (pour le VFR) préside en grande partie au découpage de l’espace aérien et au tracé des procédures en route et d’approche sur les terrains. Il est donc prudent de préparer et de conduire ses vols en intégrant cette façon de naviguer traditionnelle. Les GPS classiques ignorent ces nécessités, en vous proposant uniquement du GoTo, ce qui donne des trajectoires directes de terrain à terrain, peu conformes aux  contingences du départ et de l’arrivée.
L’iPad, lui, a ce grand avantage de la souplesse dans l’élaboration du tracé. Avec Air Navigation Pro par exemple, on peut modifier d’une manière très souple les points de route, pour qu’ils s’adaptent au mieux aux besoins du vol.
  1. 10 – L’iPad quand on est élève-pilote ?

 

En considérant cet outil comme une aide à la préparation du vol, et non comme pouvant remplacer la préparation, alors oui.
La tablette, via son côté ordinateur vraiment portable, permet à l’élève d’avoir tous ses documents sous la main plus facilement, et leur sacro-sainte mise à jour (météo, notam) plus rapidement.
Ensuite, on peut considérer qu‘il vaut mieux anticiper son utilisation en vol avec un instructeur à côté, pour cerner ses limites et son intégration au travail de navigation. C’est préférable à une utilisation après brevet, hasardeuse et brouillonne.
Comme pour tout le reste, l’aide d’un instructeur fait gagner du temps et de la confiance…
Quelques liens utiles : iPad et pilotage, Utilisation de l’iPad dans le cockpit...

 

 

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